Prendre Rendez-vous ? => 01 42 22 44 20 ou
Si vous êtes d'accord, il est temps de passer à une autre séquence. On va plutôt s'intéresser maintenant à la liaison qui existe entre le stress et les valeurs.
Dans cette partie, trois grandes dimensions vont nous intéresser.
La première dimension va être autour du repérage des indicateurs de stress, c'est-à-dire le stress de fuite, de lutte et d'inhibition. Si vous vous souvenez, on avait vu ça en auto-hypnose. Chacun de ces indicateurs de stress va me permettre d'identifier dans quel stress se trouve la personne.
C'est quelque chose de plutôt intéressant : à un moment donné, on a la capacité d'identifier si l'on est face à un stress de lutte, face à un stress de fuite ou face à un stress d'inhibition. Une fois qu'on a identifié à quel stress on est confronté, cela va également nous permettre d'identifier quelle est la finalité de l'individu.
Parce que chacun des stress a sa propre finalité. Le stress de fuite ne pense pas de la même manière que le stress de lutte. Le stress de lutte pense différemment du stress d'inhibition. Le stress d'inhibition pense différemment du stress de fuite. Chaque stress a un mode de fonctionnement singulier, particulier, identifiable. C'est une bonne chose.
Je sais qu'elle est en stress de fuite. Cela veut dire qu'elle est en train de penser de cette manière-là. Et je connais sa finalité en termes de structure, pas en termes de contenu. Je sais qu'elle est en train de courir et je sais qu'elle est en train de fuir.
Qu'est-ce qu'elle fuit ? - C'est une autre question.
On ira voir ensuite quels sont les différents déclencheurs internes du stress. Parce que, comme on l'avait vu, on a le stress qui s'enclenche par un mécanisme automatique lié au danger immédiat, au danger de vie ou de mort immédiate, en fonction de mon environnement direct et de mes sens.
Puis on a le système néolimbique et le préfrontal qui interviennent, qui font que, dans les interactions, il y a des moments où certaines choses coincent. Et quand cela coince, cela active le cerveau reptilien.
On a donc réidentifié ces différents éléments qui sont les causes internes du stress, les déclencheurs internes du stress. Parce qu'une fois que je sais quel est le stress, comment la personne est en train de penser et quel est le déclencheur, cela va me donner de l'information pour l'identifier possiblement.
Cela, on le verra après.
Puisqu'on est sur cette partie-là, autant vous donner des outils pour apaiser les différents types de stress : comment on apaise le stress de fuite, comment on apaise le stress de lutte, comment on apaise le stress d'inhibition.
Cela pourra vous être utile quand vous êtes en cabinet, une fois que vous avez récupéré l'information. L'idée est de laisser la personne s'apaiser une fois qu'on a récupéré l'information.
Rappelez-vous que les émotions sont un moteur important. C'est un moment privilégié pour récupérer des informations. Une fois que j'ai ces informations-là, cela ne sert à rien de maintenir la personne dans cet état pendant la phase d'entretien préalable.
C'est donc bien d'apprendre à l'apaiser une fois qu'on est en séance. L'émotion va être le mécanisme qui va permettre de créer du changement. On l'utilisera autrement. Mais, pendant la phase d'entretien, une fois que j'ai ma matière, on peut passer à autre chose.
Voilà les trois grands éléments que l'on va voir en relation avec le stress et la connexion qui existe avec les valeurs.
Repérer rapidement ce changement permet de remonter le fil, en s'appuyant sur la pyramide de dilts:
1. À un type de stress est attachée une émotion. Dès que vous identifiez le stress, vous savez dans quelle émotion la personne se trouve.
2. Vous pouvez alors reformuler l'émotion en utilisant les techniques de reformulation, en passant par la MIJO. Cela permet de procéder par contournement plutôt qu'en direct, en nommant l'émotion.
3. La personne est en stress, une émotion est active, et cette émotion est en lien avec une croyance : la personne est en train de vous raconter son histoire.
4. Très régulièrement, il y a une valeur derrière cette croyance : lien, image sociale ou double lien. Ce n'est pas forcément direct, mais comme les valeurs sont des métacroyances, une croyance activée peut appartenir à une valeur.
Cette chaîne offre un moyen efficace d'identifier ce qui est en jeu pour la personne.
Il existe trois types de stress, et il n'y en a pas d'autres :
• le stress de fuite ;
• le stress de lutte ;
• le stress d'inhibition.
Face à une personne en stress, la question n'est donc pas de chercher une forme nouvelle de stress. Il s'agit de déterminer dans lequel de ces trois types elle se trouve.
Une personne ne peut pas être dans deux stress en même temps. À un instant donné, elle est dans un seul et unique stress.
Oui, ce passage s'appelle une bascule.
• Une personne peut rester en stress de fuite pendant 30 secondes, puis basculer vers la lutte ou l'inhibition.
• Elle peut aussi rester en inhibition pendant 30 secondes, 40 secondes, une minute ou cinq minutes, puis basculer vers la fuite ou la lutte.
• La bascule elle-même est extrêmement rapide : environ 0,3 à 0,4 seconde. C'est le temps de traitement le plus court du cerveau.
Les bascules sont possibles, mais à un instant donné, il n'y a toujours qu'un seul stress actif.
Un indicateur singulier est un marqueur valable pour un seul type de stress, et pour celui-là uniquement.
Il existe aussi des indicateurs plus génériques, qui signalent qu'une personne est en stress sans permettre de dire de quel stress il s'agit. Ils ne sont pas retenus dans cette méthode, qui ne s'appuie que sur les indicateurs singuliers.
Exemple : l'augmentation du rythme cardiaque est présente à la fois dans le stress de fuite et dans le stress de lutte. Elle ne fait donc pas partie des indicateurs retenus.
Si un indicateur peut renvoyer à plusieurs types de stress, il est écarté de la liste.
La méthodologie est simple. Elle suit toujours le même ordre :
1. le regard ;
2. la respiration ;
3. la bouche, c'est-à-dire le paraverbal et la voix ;
4. le visage, au sens étendu (visage et gorge) ;
5. le comportement et le reste du corps.
Cet ordre permet de partir d'éléments objectivables et de suivre les indicateurs visuels, respiratoires, vocaux, faciaux puis corporels dans une progression stable. Dans chacun de ces domaines, chaque type de stress a ses indicateurs spécifiques et précis. Une fois repérés, ils permettent de savoir assez rapidement dans quel stress se trouve la personne.
Trois indicateurs singuliers au moins, plus une modification observable par rapport à l'état antérieur de la personne, toutes choses égales par ailleurs :
alors seulement, on peut identifier un stress de fuite.
Ce sont les variations qui comptent.
Une personne a, à un moment donné, une certaine manière de regarder, de respirer, de parler et de se tenir. Puis un changement survient :
• le regard change ;
• la respiration évolue ;
• le rythme ou le débit de la voix se modifie.
C'est ce changement qui permet de situer la personne dans l'un des types de stress.
Exemple : vous entrez dans une pièce où toutes les personnes sont rouges, déglutissent beaucoup et ont le regard qui part dans tous les sens. Cela peut simplement signifier qu'il fait très chaud dans la pièce. Cela ne veut pas forcément dire qu'il y a un stress de fuite.
Sans changement observable chez une personne donnée, ces signes peuvent avoir une autre cause.
Deux conditions sont indispensables :
1. Au moins trois indicateurs doivent être présents.
2. Il faut observer une modification, c'est-à-dire un changement par rapport à l'état antérieur de la personne, toutes choses égales par ailleurs.
• Il faut au minimum trois indicateurs.
• Il faut observer une modification par rapport à l'état antérieur de la personne, toutes choses égales par ailleurs.
• Les indicateurs ne sont pas tous visibles chez tout le monde : le rougissement, par exemple, est perceptible chez certaines personnes et pas chez d'autres.
• La gestuelle habituelle d'une personne (parler avec les mains) n'est pas une agitation des extrémités : seule compte l'augmentation.
Dans le stress de fuite, les indicateurs se répartissent sur les cinq domaines :
👁️ Regard → 🌬️ Respiration → 🗣️ Bouche/Voix → 🙂 Visage + Gorge → 🚶 Corps
Deux indicateurs concernent le regard : le regard fuyant et le masquage.
Le regard fuyant peut prendre plusieurs formes. Les accès oculaires partent un peu dans tous les sens :
• de gauche à droite, puis de droite à gauche ;
• vers le haut et vers le bas ;
• du kinesthésique vers le visuel, puis vers l'auditif et le dialogue interne.
Le mouvement peut être très amplement visible. Il peut aussi être à peine perceptible : on voit alors à peine les pupilles bouger.
Le masquage consiste à dissimuler ces accès oculaires. Il se caractérise par une crispation des paupières.
• Une tension apparaît au niveau des paupières.
• Pendant que la personne parle, les paupières peuvent se fermer à plusieurs reprises, avec une crispation.
Cette crispation est une forme de masquage du mécanisme du regard fuyant.
La respiration du stress de fuite est asynchrone, c'est-à-dire irrégulière.
Quand une personne respire naturellement, un certain rythme est présent. Dans le stress de fuite, la respiration devient chaotique :
• la régularité du rythme laisse place à des décalages ;
• la respiration peut s'emballer, puis se crisper lentement, puis repartir ;
• des moments d'apnée peuvent survenir ;
• elle est globalement rapide, plus rapide que d'habitude.
Trois indicateurs concernent la voix et la bouche : la déglutition, l'instabilité de la voix et l'accroche sur les mots. Ils relèvent du visage au sens étendu, qui inclut la gorge.
Pourquoi la déglutition augmente-t-elle ?
Le stress de fuite correspond à un mécanisme de fuite : prendre ses jambes à son cou et s'éloigner le plus vite possible. L'explication avancée renvoie à nos ancêtres, à l'époque où un prédateur pouvait se trouver à proximité.
Dans cette logique :
• si l'on court, c'est qu'il y a un danger ;
• s'il y a un danger, on peut être blessé ;
• en cas de blessure, il est utile de disposer de mécanismes de défense.
Le système immunitaire se met alors en route. Parmi ses ressources, il y a un antiseptique naturel qui limite le risque d'infection des plaies : la salive. Le stress de fuite a donc tendance à faire saliver beaucoup, et par conséquent à faire déglutir davantage.
Dans la vie actuelle, ces indicateurs sont toujours présents, mais ils sont des vestiges de ces mécanismes anciens.
Indicateur : augmentation de la déglutition.
Pourquoi la voix devient-elle instable ?
La respiration étant rapide et asynchrone, elle a un impact direct sur la voix. Une personne qui parlait normalement peut soudain donner l'impression de retrouver la voix de l'époque de la mue :
• la voix monte, puis redescend ;
• elle tressaute, parce que la respiration est irrégulière.
Beaucoup de personnes se reconnaissent dans ce phénomène lorsqu'elles prennent la parole en public, puis s'entendent parler.
Indicateur : voix instable.
Que signifie l'accroche sur les mots ?
Dans le stress de fuite, on entend régulièrement des accroches, des bégaiements et des onomatopées :
• des « en fait » ;
• des « ce que je voulais, c'est… » ;
• des mots sur lesquels la personne bute et s'arrête.
C'est comme si la personne était arrêtée dans sa pensée. Le cerveau semble couper, dire « stop », puis la personne fait marche arrière, revient en arrière et accroche à nouveau.
L'intensité varie : selon le niveau de stress, cela peut aller d'une simple butée sur un mot à un véritable bégaiement.
Indicateur : accroche sur les mots, bégaiement.
Que retenir sur la voix ?
Cela fait plusieurs indicateurs à observer. Il faut en retenir au moins trois sur l'ensemble des domaines, car un seul peut avoir d'autres causes.
Exemple : si, au restaurant, la personne en face de vous se met à saliver beaucoup, cela ne veut pas forcément dire qu'elle est stressée. Il peut y avoir plusieurs raisons à cette salivation. Par exemple, on apporte les desserts, et le dessert lui plaît.
Le regard peut lui aussi partir à gauche ou à droite pour de nombreuses raisons sans rapport avec le stress.
Deux indicateurs concernent le visage : le rougissement et le sourire flou.
Qu'est-ce que le rougissement ?
Le stress de fuite a tendance à faire rougir. Un afflux sanguin se produit au niveau du visage, notamment aux extrémités. Le rougissement peut être perceptible :
• au niveau des joues ;
• au niveau des oreilles : le visage peut rester normal, mais les oreilles deviennent soudain plus rouges ;
• au niveau du cou, où des plaques peuvent apparaître chez certaines personnes.
Chez certaines personnes, ce rougissement ne se perçoit pas ; chez d'autres, il est très visible. C'est pourquoi il n'est pas nécessaire d'observer l'ensemble des indicateurs : trois suffisent.
Exemples de combinaisons possibles :
• Chez une personne, on verra le rougissement, la déglutition et le regard fuyant.
• Chez une autre, on entendra la voix qui tressaute, une voix instable, du bégaiement, et l'on verra les oreilles un peu chaudes.
Dans les deux cas, on peut conclure à un stress de fuite.
Qu'est-ce que le sourire flou ?
Le sourire flou est un sourire de conciliation, un faux sourire. La personne sourit, mais :
• seul le bas du visage sourit ;
• le haut du visage ne bouge pas beaucoup ;
• les yeux ne sourient pas de la même manière.
Indicateur : sourire flou, sourire de conciliation.
Trois indicateurs concernent le comportement et le corps : l'agitation des extrémités, la sensibilité à la chaleur et la transpiration.
Certaines personnes parlent naturellement avec les mains. Cette gestuelle habituelle n'est pas, en soi, une agitation des extrémités.
L'indicateur apparaît dans deux situations :
• une personne qui parle avec les mains commence soudain à bouger davantage, avec plus d'agitation ;
• une personne qui ne bouge jamais les mains se met à bouger, par exemple, une épaule, un bras sur le côté, une jambe ou un pied.
Exemple : un ancien président de la République avait tendance à faire de petits mouvements d'épaules ou de bras sur le côté.
Les extrémités concernées sont principalement les mains et les pieds. Lorsque la personne cherche à contrôler ce mouvement, il peut se déplacer vers d'autres parties du corps. La tête peut ainsi bouger beaucoup.
Indicateur : agitation des extrémités.
Le stress de fuite est associé à un ressenti de chaleur, ce qui est cohérent avec l'afflux sanguin et l'augmentation de la transpiration. La personne a chaud : « Oh, il fait chaud ici. »
Indicateur : augmentation de la sensibilité à la chaleur.
Que signale l'augmentation de la transpiration ?
Cet indicateur peut être placé au niveau corporel. La transpiration peut se manifester de plusieurs manières :
• le front commence à perler ou à briller ;
• chez la personne qui la vit, une sensation d'humidité sous les bras ;
• des mains moites.
Indicateur : augmentation de la transpiration.
Un indicateur isolé ne suffit jamais à conclure.
Prenons le regard. Un regard qui part de gauche à droite ou de haut en bas ne signifie pas forcément que la personne est en stress de fuite. Il peut s'agir d'accès cognitifs : la personne part en visuel, en auditif ou en kinesthésique, ressent, réfléchit ou mène un dialogue interne. Cela indique qu'elle accède à des contenus cognitifs, pas nécessairement qu'elle est stressée.
En revanche, on peut conclure à du stress si l'on observe :
• des accès oculaires ;
• plus une respiration rapide et asynchrone ;
• plus un troisième indicateur.
Règle : il faut au minimum trois indicateurs.
Voici l'ensemble des indicateurs singuliers du stress de fuite, par domaine :
Regard
• Regard fuyant (accès oculaires dans tous les sens)
• Masquage par crispation des paupières
Respiration
• Respiration rapide et asynchrone
Voix et bouche
• Augmentation de la déglutition
• Voix instable
• Accroche sur les mots, bégaiement, onomatopées
Visage
• Rougissement
• Sourire flou de conciliation
Comportement et corps
• Agitation des extrémités
• Augmentation de la sensibilité à la chaleur
• Augmentation de la transpiration
À quoi ressemble une modification dans la pratique ?
Exemple : vous êtes en rendez-vous, en cabinet, et une personne commence à vous raconter son histoire. Au moment où elle commence son récit :
• son visage devient un peu chaud et rouge ;
• elle s'agite, bouge les pieds ou les mains ;
• elle se met à déglutir ;
• son regard part.
Dans ce cas, la personne est passée en stress, plus précisément en stress de fuite.
Concepts essentiels
• Il existe trois types de stress et seulement trois : fuite, lutte, inhibition.
• Une personne est dans un seul stress à la fois.
• Les bascules entre types de stress sont possibles et très rapides (environ 0,3 à 0,4 seconde).
• On n'utilise que des indicateurs singuliers, valables pour un seul type de stress.
• On observe dans un ordre fixe : regard → respiration → voix et bouche → visage → comportement et corps.
• Ce sont les variations qui comptent.
Indicateurs principaux du stress de fuite
• Regard : regard fuyant ; masquage par crispation des paupières.
• Respiration : rapide et asynchrone, avec possibles apnées.
• Voix et bouche : augmentation de la déglutition ; voix instable ; accroche sur les mots, bégaiement, onomatopées.
• Visage : rougissement (joues, oreilles, cou) ; sourire flou de conciliation.
• Comportement et corps : agitation des extrémités ; sensibilité accrue à la chaleur ; transpiration accrue.
Points de vigilance
• Il faut au minimum trois indicateurs.
• Il faut observer une modification par rapport à l'état antérieur de la personne, toutes choses égales par ailleurs.
• Les indicateurs ne sont pas tous visibles chez tout le monde : le rougissement, par exemple, est perceptible chez certaines personnes et pas chez d'autres.
• La gestuelle habituelle d'une personne (parler avec les mains) n'est pas une agitation des extrémités : seule compte l'augmentation.
Erreurs d'interprétation fréquentes
• Conclure au stress de fuite à partir d'un seul indicateur.
• Prendre des accès cognitifs (regard qui part pour réfléchir, ressentir ou se parler intérieurement) pour un regard fuyant lié au stress.
• Interpréter la salivation sans tenir compte du contexte : elle peut avoir d'autres causes, par exemple l'arrivée d'un dessert.
• Interpréter les rougeurs ou la déglutition sans tenir compte de l'environnement : dans une pièce très chaude, tout le monde peut présenter ces signes.
• Utiliser des indicateurs non singuliers, comme l'augmentation du rythme cardiaque, pour distinguer fuite et lutte.